L’Alimentation en France

Les données disponibles sur l’alimentation des Français sont abondantes et de natures très diverses.

Certaines portent sur les conceptions et reproductions de l’alimentation, d’autres sur les conduites elles-mêmes, mais sur la base de déclarations qui peuvent être assez distinctes de la réalité. Le secteur de l’industrie agroalimentaire et celui de la distribution sont en outre grands commanditaires d’enquêtes.

Néanmoins, celles-ci sont le plus souvent confidentielles et restent très sectionnées selon les marchés.

Alimentation des Français, états des lieux :

– De plus en plus de produits transformés et de repas pris à l’extérieur

Les transformations des modes de vie et spécialement la bi-activité des ménages, l’augmentation des temps de transport et de loisirs, se sont traduites par une réduction du temps passé aux fourneaux.

D’où le triomphe des aliments déjà préparés comme c’est le cas des livraison de repas à domicile ou épluchés, des surgelés et autres plats préparés dont la part dans l’ensemble des frais alimentaires (hors desserts) a plus que doublé en un demi-siècle pour atteindre 41 % en 2006. Corollaire de cette modification, les Français grignotent de plus en plus à l’extérieur comme lors d’un brunch sur paris par exemple.

Environ 40 % de ces pitances hors foyer sont servis par la restauration collective (cantines scolaires, restaurants d’entreprise, hôpitaux, prisons), 43 % par la restauration commerciale et le reste par les commerces alimentaires qui offrent une restauration ambulante (boulangerie, pizza ambulante, station-service…). On assiste à un véritable transfert de consommation du domicile vers le hors-domicile.

– Les lieux d’achat se diversifient.

Si 70 % des frais alimentaires se font dans les grandes surfaces d’alimentation, les types de lieux d’achats (supermarché, hypermarché, épicerie ou supérette, commerces spécialisés, magasin de surgelés, hard discount, marché) augmentent, et les acheteurs sont de moins en moins fidèles, allant plutôt de l’un à l’autre.

En 2003, chaque foyer fréquentait en moyenne 4,6 circuits de distribution, contre 3,4 en 1988.

Les établissements de hard discount ont connu un important affermissement, avec la clientèle des plus modestes, lesquels se fournissent aussi habituellement sur les marchés et directement chez les producteurs. En revanche l’achat par Internet comme le fait d’acheter du vin de type rosé par exemple, ne décolle pas.

– Démocratisation du bio : du marché de niche au marché de masse.

En 2010, la consommation de produits biologiques représentait un marché estimé à 3,4 milliards d’euros. Il a quasiment doublé par rapport à 2005, mais ne représente encore que 2 % du marché alimentaire total. Près de la moitié des Français ont consommé des produits biologiques au moins une fois par mois. Cette consommation se fait moins exceptionnelle et plus régulière.

Les produits biologiques les plus consommés sont les fruits et légumes, les produits laitiers, les œufs et la viande, le panier bio s’élargissent aussi à de nouveaux produits comme les poissons et les vins comme le crémant d’alsace.

– Montée de l’attrait pour le local.

Plus récente que la montée du bio, la vogue des produits locaux tels le vin sucré, a une même origine, le refus de l’opacité du système alimentaire et la volonté de retrouver du lien entre le producteur et le consommateur, traduisant une forme d’attachement au territoire.

En effet, les consommateurs ont de plus en plus soif d’informations sur l’origine du produit. Celle-ci serait le deuxième critère de choix derrière le prix.

Au-delà des AMAP (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne), la vente à la ferme, les cueillettes sur place, les ventes de paniers bios ou fermiers par Internet, proposent autant de formules pour se procurer des produits en circuit court, sans passer par la distribution classique.

– Médicalisation de l’alimentation.

L’alimentation et la santé forment un couple paradoxal et leur relation est compliquée.

D’un côté, les comportements alimentaires sont accusés d’être responsables de l’accroissement de la prévalence de l’obésité, des maladies cardio-vasculaires ou de certains cancers ; de l’autre, l’industrie agroalimentaire multiplie les promesses santé, par le biais notamment des « alicaments » tels le chocolat pour diabétique.

Près de 85 % des Français estiment que la manière dont ils mangent influe sur leur état de santé. Ils font donc des régimes ou prennent des compléments pour maigrir, entretenir leur mémoire, mieux vieillir, etc.